Par téléviseur

Sharp GR8 : ce qu’il embarque et ce qu’on peut retirer

· 8 min de lecture

Fiche visuelle du Sharp GR8 avec ses principales caractéristiques
Sharp GR8 : les données qui définissent l’appareil
Fiche technique
Année2025
SystèmeGoogle TV
Résolution4K UHD
DalleQLED sans bordure, rétroéclairage LED
Fréquence144 Hz, avec VRR jusqu’à ce même chiffre
Zones de gradationN’apparaissent pas dans la fiche officielle
LuminositéSharp ne publie aucun chiffre en nits
HDRHDR10, HLG et Dolby Vision IQ ; pas de HDR10+
MémoireSharp ne publie ni la RAM ni le stockage
Son2 × 12 W Harman/Kardon, avec Dolby Atmos et DTS:X
Connectique4 HDMI 2.1, mais seuls le 3 et le 4 atteignent la 4K à 144 Hz
eARCSur le HDMI 4
TélécommandeSolaire, sans piles
Tailles43", 50", 55" et 65"

Commençons par quelque chose qui n’arrive presque jamais et qui mérite d’être salué : Sharp publie dans la fiche officielle de ce téléviseur quelles applications sont préinstallées. Avec leurs noms. Dans le document même où figurent la consommation et le poids.

La liste est celle-ci : Netflix, YouTube, Google Play Movies & TV, Google Play Store, Prime Video.

Presque aucun fabricant ne le fait. L’habitude, c’est de découvrir ce que contient votre téléviseur le jour où vous l’allumez, ou en listant les paquets avec ADB. Que Sharp le déclare à l’avance permet de décider avant d’acheter, et c’est exactement ce que ce site réclame depuis le premier jour.

Cela dit, deux choses méritent un coup d’œil avant de se lancer dans le nettoyage.

Quatre ports, deux rapides, et l’eARC en occupe un

La fiche le dit en entier, entre crochets, et il faut le lui reconnaître aussi : 4× HDMI 2.1 [4K@60Hz (HDMI1,2) ; 4K@144Hz (HDMI3,4)].

Traduction : les quatre portent l’étiquette 2.1, mais seuls le 3 et le 4 acceptent la 4K à 144 Hz. Les deux autres s’arrêtent à 60.

Et à la ligne suivante, le détail qui s’enchaîne : eARC : oui (HDMI4). Autrement dit, l’eARC est sur l’un des deux rapides. Avec une barre de son branchée là, il ne vous reste qu’un seul port capable de 144 Hz. Console sur le 3, barre sur le 4, et tout est distribué.

Branchez la console sur le premier port venu et vous jouerez sans doute en 60 Hz sur un téléviseur de 144, sans que rien ne vous prévienne.

Les trois nombres 144 de la même fiche

Dans ce document, le nombre 144 apparaît trois fois, et il ne signifie pas la même chose. Mieux vaut les séparer, car en magasin on les mélange :

  • Fréquence de rafraîchissement : 144 Hz. C’est ce que donne la dalle. C’est la bonne donnée.
  • VRR : oui, jusqu’à 144 Hz. La fréquence variable monte jusqu’au même plafond, ce qu’on veut pour le jeu.
  • AQUOS Smooth Motion 144 Hz. Ce n’est pas une fréquence : la fiche elle-même le définit juste à côté comme une technologie d’interpolation d’images. C’est le traitement qui invente des images intermédiaires, celui qui donne d’ordinaire l’« effet téléroman ».

Les deux premiers sont réels. Le troisième est un nom commercial qui porte par hasard le même chiffre. Sharp, au moins, l’étiquette pour ce qu’il est.

Ce que c’est, et ce que la fiche ne dit pas

Un 4K de 2025 avec dalle QLED sans bordure et rétroéclairage LED. Il accepte HDR10, HLG et Dolby Vision IQ. Il n’admet pas le HDR10+ : il n’apparaît pas une seule fois dans sa fiche.

Le son, 2 × 12 W réglés par Harman/Kardon, avec Dolby Atmos, DTS:X et DTS Virtual:X. Et il y a là un bon détail : les 24 watts sont les mêmes sur les quatre tailles, y compris celle de 43 pouces. Sur cette diagonale, c’est nettement plus que d’usage.

Il arrive en outre avec une télécommande solaire, qui se recharge à la lumière de la pièce et se passe de piles. Une de ces petites choses qu’on apprécie pendant des années.

Maintenant, ce que la fiche ne porte pas, et qu’il vaut mieux avoir clair :

Pas un seul nit. Aucun chiffre de luminosité dans tout le document.

Ni gradation par zones. Elle n’est mentionnée nulle part. Sans elle, le HDR se limite à afficher le format sans en profiter : impossible d’assombrir une partie de l’écran pendant qu’une autre est éclairée.

Ni RAM ni stockage. C’est la donnée qui décide du nombre d’années que l’appareil vous durera : quand le stockage se remplit, les applications cessent de se mettre à jour et le téléviseur finit par ne plus pouvoir appliquer la sienne.

Cette dernière, vous pouvez la découvrir vous-même, et c’est la première chose à faire. Avec ADB branché, df -h /data vous dit combien il y a de stockage et combien reste libre, et cat /proc/meminfo | head -1 vous donne la mémoire totale. Sans ADB, Paramètres → Système → Stockage montre au moins l’espace libre.

Les six références sont quatre téléviseurs

Si vous comparez des références, épargnez-vous la peine. Le GR8 se vend en 43, 50, 55 et 65 pouces, et les fiches que Sharp publie sont identiques à la taille et au poids près.

Mieux : le 43GR8265E et le 43GR8765E sont le même appareil. Même poids, même consommation, mêmes ports, même son ; la seule chose qui change entre leurs deux fiches, c’est la référence et le code-barres. De même entre le 65GR8265E et le 65GR8465E.

Donc si vous voyez deux références de la même taille à des prix différents, la différence n’est pas dans le téléviseur.

Illustration. Décorative : les détails sont dans les schémas du texte.

Savoir si cette fiche est celle de votre téléviseur

Le catalogue européen de Sharp fait cohabiter quatre systèmes, et seul le modèle les distingue :

  • GR, GP, HR et GF tournent sous Google TV. C’est là qu’entre cette page.
  • GD et GJ tournent sous Roku TV.
  • GM, GK, HM, HK et JM tournent sous TiVo OS.

Dans Paramètres → Système → À propos figurent le modèle et la version d’Android. Avec ADB, getprop ro.product.model donne la même chose sans les menus.

Que faire de la liste que Sharp publie

Revenons aux cinq applications livrées d’usine, car on peut désormais les classer selon ce qu’il convient de faire de chacune.

Netflix et Prime Video sont les candidates évidentes à la disparition si vous ne les utilisez pas. Elles occupent de la place, se mettent à jour seules, apparaissent dans la rangée de recommandations et parlent à leurs serveurs. Si vous vous y abonnez demain, elles reviennent de la boutique en deux minutes.

Google Play Movies & TV est une boutique de location de films. Si vous n’y achetez pas de contenu, elle n’apporte rien.

YouTube, à vous de décider, mais gardez en tête que dans bien des foyers c’est l’application la plus utilisée du téléviseur.

On ne touche pas à Google Play Store. C’est de là que tout le reste se réinstalle. Sans lui, le moindre regret devient bien plus pénible à réparer.

Outre ces cinq-là, votre téléviseur aura un assistant de configuration Sharp et la couche Google : le lanceur (com.google.android.tvlauncher), le moteur de recommandations (com.google.android.tvrecommendations), la recherche vocale (com.google.android.katniss) et les services (com.google.android.gms).

Ce qu’il vaut mieux regarder avant

Le moteur de recommandations. Le retirer laisse un écran d’accueil propre, mais vide aussi la rangée « reprendre la lecture », qui manque dans un foyer à plusieurs.

Et avant de toucher au moindre paquet, passez par les réglages de confidentialité et regardez ce que le téléviseur partage. On y réduit pas mal, sans ADB et sans risque.

Ce à quoi il ne faut pas toucher

Les services Google Play. Ils sont la base de la boutique, des comptes et d’une bonne partie des applications. Sans eux, le téléviseur démarre, guère plus.

Le lanceur, tant que vous n’en avez pas un autre installé et fonctionnel. Un téléviseur sans lanceur s’allume sur un écran noir, et réparer cela à la seule télécommande est bien plus difficile que d’y penser avant.

Tout ce qui commence par com.android. sans savoir ce que c’est : com.android.systemui est l’interface du système et com.android.settings, les réglages eux-mêmes.

Et sur ce modèle, avec un soin particulier, tout ce qui touche au HDMI et au contrôle des appareils externes : par là passent l’eARC du HDMI 4, le VRR et les 144 Hz des bons ports.

Ce qui se remarque vraiment

L’écran d’accueil cesse de proposer des séries de services que vous n’avez pas. Les notifications de contenu disparaissent. Et le téléviseur répond un peu plus vite à la télécommande dans les premières secondes après l’allumage.

Ce qui ne change pas : les 144 Hz, le HDR ni le son Harman/Kardon. Rien de cela ne dépend des applications installées, et aucun nettoyage ne lui donnera la gradation par zones qu’il n’a pas.

Tout cela se défait

Les paquets désactivés depuis ADB reviennent avec une commande, et une réinitialisation d’usine remet le téléviseur dans l’état exact où il est sorti du carton. Ici, le système n’est pas touché : on dit seulement au téléviseur de ne pas charger quelque chose déjà installé.

Si vous en avez un

De ce téléviseur, ce qui manque le plus, c’est la sortie de df -h /data et de cat /proc/meminfo : Sharp ne publie la mémoire d’aucun de ses modèles, et avec deux ou trois réponses cette fiche pourra enfin dire combien il en embarque. Et si votre liste d’applications installées ne correspond pas aux cinq que Sharp déclare, dites-le-nous aussi : ce serait la première fois que nous pouvons confronter une liste officielle à la réalité.