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Kivi et Strong : ce qu'ils embarquent et ce qu'on peut retirer

· 8 min de lecture

Fiche visuelle du Kivi et Strong avec ses principales caractéristiques
Kivi et Strong : les données qui définissent l’appareil
Fiche technique
MarquesKIVI, d'Ukraine ; STRONG, du groupe Skyworth
SystèmeAndroid TV 9, Android TV 11 ou Google TV selon la série
Entrées au répertoire7 plateformes pour Kivi, 15 pour Strong
Plateformes exclusivesBKK et CXR, à Strong seul, et ce sont des clés
Stockage chez Kivi8 Go sur les 67 modèles connectés
RAM chez KiviPubliée sur 17 des 67 ; le plancher est à 1 Go
Mémoire chez StrongSur les clés oui ; sur les téléviseurs, jamais
SourceEPREL, sites des marques et liste d'appareils Google Play

Kivi et Strong figurent dans toutes les listes de téléviseurs pas chers en Europe, et presque personne n'a regardé ce qu'il y a dedans. Nous avons téléchargé leurs deux catalogues complets, leurs fiches au registre européen et le répertoire d'appareils de Google Play. Il en sort des choses qu'aucune des deux ne raconte.

Commençons par le plus bête : aucune des deux n'est là où vous la chercheriez. kivi.tv répond, et c'est une société américaine de publicité en télévision connectée pour le public hispanophone. kivi.eu sert le site d'un cabinet informatique slovène. Et strong.tv résout mais n'ouvre jamais la connexion. Les vrais sites sont kivismart.com et strong-eu.com.

Qui se trouve derrière chacune

KIVI raconte son histoire sans détour. La marque naît en 2016 en signant un accord avec Shenzhen MTC, l'un des grands fabricants de téléviseurs sous contrat ; en 2021 elle reçoit 13 millions de dollars de Shenzhen MTC pour le développement produit. Le son a été mis au point avec JVC Kenwood et les télécommandes avec Remote Solution. Elle se présente comme une marque européenne, le bureau est en Ukraine et l'usine est chinoise.

Celui qui répond en Europe est encore une autre société : les 25 fiches EPREL que nous avons pu télécharger sont toutes au nom de KIVI SMART PURCHASING Kft., Fehérvári út 50-52, Budapest, avec l'adresse [email protected].

STRONG le dit sur sa propre page : « STRONG Group, une entreprise de Skyworth ». Skyworth Digital a racheté la société en 2015. Le site est édité par STRONG S.A.R.L, de Boulogne-Billancourt, immatriculée au registre de Nanterre sous le numéro B 481 612 455. Mais dans EPREL les fiches sont au nom de STRONG Ges.m.b.H., Teinfaltstraße 8, Vienne, avec un téléphone de contact français. Française dehors, autrichienne au registre, chinoise tout en haut.

Les deux plateformes propres à Strong, et ce qu'elles sont

Dans la liste officielle d'appareils de Google Play, Kivi compte sept plateformes (bangbae, bruno, elliniko, komagome, osaka, stanford et zhongshan) et aucune ne lui appartient : elle partage elliniko avec 58 marques, osaka avec 54, stanford avec 52.

Strong en compte quinze, et deux sont exclusives : BKK et CXR. C'est rare. Presque toutes les entrées de téléviseur de cette gamme portent le nom de modèle AI PONT, un design de référence utilisé par 109 marques du répertoire, et sur ces 109 il n'y en a que cinq à posséder une plateforme propre : Strong, JVC, CHiQ, Haier et BenQ.

Ici, nous savons ce que c'est, parce que le répertoire le dit lui-même dans son champ de nom commercial : BKK, c'est le LEAP-UNA+ et CXR, c'est le LEAP-NOVA. Les deux existent sur strong-eu.com sous exactement ces noms, et ce sont deux clés HDMI, pas des téléviseurs. Cela colle : Skyworth fabrique des décodeurs et des lecteurs, et c'est là que Strong met du matériel maison. Ses téléviseurs, eux, sont sur osaka, alimos, longshan, redwood, bangbae et komagome, les mêmes quartiers bondés de marques de distributeur que tout le monde.

La mémoire, qui décide du nombre d'années

Dans cette gamme, ce qui décide de la durée de vie d'un téléviseur n'est pas la dalle : c'est la mémoire. Quand le stockage se remplit, les applications cessent de se mettre à jour et l'appareil finit par ne plus pouvoir appliquer sa propre mise à jour système.

KIVI fait ce que presque personne ne fait : il publie le stockage. Nous avons parcouru les 75 fiches produit de son catalogue (deux sont des liens morts qui renvoient un 404) et sur les 73 bonnes, 67 déclarent un système connecté et les 67 annoncent 8 Go. Sans une seule exception.

La RAM, c'est autre chose : elle n'apparaît que sur 17 de ces 67. Et quand elle apparaît, un chiffre gêne. Sept modèles déclarent 1 Go de RAM, tous sous Android TV 9 : les 24H740LB, 24H740LW, 32H740LB, 32H740LW, 32F740LB, 40F740LB et 32F790LW. Sept autres déclarent 1,5 Go et trois déclarent 2 Go.

Le contraste compte. Chez les marques espagnoles d'entrée de gamme, 1,5 Go de RAM et 8 Go de stockage constituent le plancher, et TD Systems et Nevir le publient modèle par modèle. Ces sept Kivi sont sous le plancher. Et CHiQ, avec un large catalogue, publie la mémoire d'un seul téléviseur : Kivi publie le stockage des 67.

STRONG fait l'inverse, sur le même site. Ses huit appareils de streaming déclarent la mémoire un par un : les LEAP-UNA+, LEAP-UNA, LEAP-NEVE et SRT41 embarquent 8 Go ; les LEAP-NOVA et LEAP-S3PRO, 32 Go ; le LEAP-S4, 64 Go. Du LEAP-UNA+ ils donnent même le processeur, un Realtek RTD1332.

De ses téléviseurs, rien. Ni RAM, ni stockage, ni processeur, sur aucune des treize fiches que nous avons lues. La même marque qui détaille la mémoire d'une clé à trente euros se tait sur celle du téléviseur à quatre cents.

Illustration. Décorative : les détails sont dans les schémas du texte.

Regardez vous-même, ici c'est possible

L'avantage de l'Android, c'est que vous ne dépendez d'aucune fiche. Avec ADB connecté :

df -h /data vous dit combien de stockage il y a et combien reste libre.

cat /proc/meminfo | head -1 vous donne la mémoire totale.

S'il vous reste moins de deux gigas, le nettoyage expliqué sur ce site cesse d'être facultatif. Et si /proc/meminfo vous renvoie quelque chose proche du giga, vous savez désormais pourquoi c'est lent.

Quel système embarque chaque modèle

Aucune des deux marques ne range cela de façon intuitive.

Chez Kivi, les séries 710 et 720 tournent sous Google TV, et les séries 730, 740, 750, 760 et 790, aux numéros pourtant plus élevés, tournent sous Android TV. En plus, à l'intérieur des 740 et des 750 cohabitent Android TV 9 et Android TV 11 selon l'unité. Le numéro ne vous dit pas le système.

Chez Strong, pareil. Les SRT32HD5553 et SRT32HH5553 sont en Android TV ; les SRT24HI4723C, SRT32HG4723C, SRT40FG6733C et SRT43UH7773 sont en Google TV. Les SRT32HH5553 et SRT43UH7773 partagent la même lettre et n'ont pas le même système. Et deux d'entre eux, les SRT24HE4023 et SRT32HF2003, n'en ont aucun.

C'est important, car cela change le nom du lanceur : com.google.android.leanbacklauncher est l'ancienne interface d'Android TV ; com.google.android.tvlauncher est celle de Google TV.

Ce qu'ils déclarent au registre européen

Dans EPREL, Kivi déclare 42 fiches et renvoie toujours les mêmes 25, quelle que soit la page demandée : 25 sur 42 téléchargées, et nous n'extrapolerons pas le reste. Sur ces 25 : deux ans de garantie partout, huit ans de support sur 23 et cinq ans de mises à jour logicielles sur 23. Deux modèles, les 43F750NB et 65U750NB, descendent à trois et trois. Aucune case vide, ce qui dans ce registre est déjà une nouvelle.

Strong en déclare 58, et trois requêtes distinctes, qui se recoupent sans se confondre, nous en ont donné 23 à son nom. Dedans : deux ans de garantie sur 22, huit ans de mises à jour sur 21, et le SRT 43UC6433 avec les trois champs vides. Un avertissement : chercher « STRONG » dans EPREL ramène aussi trois fiches de MileStrong, une société chinoise sans rapport.

Autre chose à savoir : la page de conformité PSTI de Strong et sa garantie de quatre ans ne couvrent aucun téléviseur. Ce sont uniquement des produits réseau.

Ce qui se retire et ce qui reste

Ce qui vient de Google. Le lanceur, le moteur de recommandations (com.google.android.tvrecommendations), la recherche vocale (com.google.android.katniss) et les services (com.google.android.gms).

Ce qui vient de la marque. Chez Kivi, l'application KIVI MEDIA, sa boutique de chaînes gratuites, préinstallée. Chez Strong, guère plus qu'un assistant de configuration.

Ce qui vient de tiers. Netflix, Prime Video et compagnie, par accord commercial. Retirez celles que vous n'utilisez pas : avec 8 Go, chacune est de la place dont vous aurez besoin.

Avec précaution, le moteur de recommandations : il laisse l'écran d'accueil propre mais vide la ligne « reprendre la lecture ».

Sans y toucher : les services Google Play, le lanceur tant que vous n'en avez pas un autre en état de marche, et tout ce qui commence par com.android. sans savoir ce que c'est.

Tout cela se défait : les paquets désactivés reviennent avec une commande et une réinitialisation d'usine remet le téléviseur dans l'état de sortie de carton. La méthode est la même que pour le reste de la gamme de marque blanche.

Si vous en avez un

De ces deux marques, il nous manque surtout une chose : la sortie de cat /proc/meminfo | head -1. Kivi publie la RAM de 17 de ses 67 modèles et Strong d'aucun de ses téléviseurs. Avec quelques réponses, nous pourrons dire combien chaque série en embarque, ce que personne ne raconte aujourd'hui.